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Sur le grill: André Frank

11 oct.
4 min de lecture

Pour inaugurer ce nouveau MagMax, nous avons choisi de remonter le temps à la rencontre d’une figure qui a marqué des générations de petits Maxiens. De 1985 à 1997, Monsieur André Franck a dirigé la section primaire d’Adolphe Max avec rigueur, exigence… mais surtout avec beaucoup d’humanité. Il revient aujourd’hui sur ces douze années, ses souvenirs, ses convictions et ce qui faisait, à ses yeux, l’âme si particulière de notre école.


Quand vous repensez à vos années comme directeur de primaire à Adolphe Max, de 1985 à 1997, quel est le premier souvenir qui vous revient spontanément ?

Mon premier jour, le challenge de continuer à faire progresser cette grande école mais aussi mon souvenir d’un grand moment de bonheur et de volonté première d’apporter une belle empreinte d’humanité. 

 

Quelle était votre ligne de conduite concernant les méthodes d’enseignement de vos professeurs ? Étiez-vous plutôt du genre à leur laisser une grande liberté ou aviez-vous une certaine vision de ce que devait être un enseignement « maxien » ?

Qu’est-ce qu’un enseignement » Maxien » ? La section » préparatoire » comprend dans sa définition le but que l’on s’est fixé ; il était donc nécessaire d’exiger des élèves d’acquérir des outils qui lui permettent de s’adapter au système ; chaque enseignant ayant toute liberté pour atteindre cet objectif.

 

Comment réagissiez-vous lorsqu’un enseignant prenait une initiative originale, voire un peu éloignée des habitudes de l’école ? Étiez-vous plutôt « pourquoi pas ! » ou « attention, jeune homme ! » ?

Comment ne pas être heureux qu’un enseignant prenne une initiative alors pourquoi vouloir reproduire un « système » dont les parents et les enfants se faisaient des idées bien loin de la réalité si ce n’est tout simplement que chaque enseignant était unique et faisait, par lui-même, la réputation de l’école par la qualité de son travail.

 


On garde de vous l’image d’un directeur très sérieux et impressionnant lors des remises de bulletins, mais beaucoup se souviennent aussi d’un Monsieur Franck beaucoup plus décontracté en survêtement lors des classes de neige. Lequel des deux était le vrai Monsieur Franck ?

L’homme était le même, heureux de ce qu’il faisait et heureux de vivre tous ces moments.

 

On vous décrit souvent comme un directeur juste, à l’écoute et proche des enfants. Était-ce une volonté consciente de votre part, ou simplement votre manière naturelle de fonctionner ?

Ma manière naturelle de fonctionner.

 

Certains anciens élèves se souviennent de vous comme du « gentil directeur », notamment en comparaison avec Monsieur Corvillain. Comment décririez-vous votre collaboration avec lui ? Et, surtout… était-il vraiment aussi sévère qu’il nous paraissait ?

Cette question me fait sourire dans cette opposition du gentil et du méchant où tout simplement ce que l’on croit sans savoir vraiment ! Monsieur Corvilain José, était un homme au grand cœur mais qui n’aimait pas le montrer ;  il a été un collaborateur rigoureux, sourcilleux parfois, sur lequel j’ai toujours pu compter.

 

Vous souvenez-vous d’un élève qui vous aurait particulièrement marqué, que ce soit par son caractère, une bêtise mémorable, une situation particulière ou simplement une personnalité hors du commun ? 

Il ne m’est point possible de faire un choix ; tous les enfants ont marqué d’une manière ou d’une autre ma vie durant ces années.

 

Vous avez également accompagné les enfants lors de classes vertes et de classes de neige. Avez-vous une anecdote de voyage scolaire que vous n’avez jamais oubliée ?

Le souvenir le plus marquant fut le ravitaillement par hélicoptère des élèves en classe de neige à Gluringen dont les routes d’accès étaient bloquées par des chutes de neige et des avalanches.

 

On imagine qu’être directeur d’une école primaire dans les années 1980-1990 impliquait aussi de devoir gérer les parents, parfois très… motivés. Quel type de demande ou de réclamation de parent vous a le plus marqué ? 

La difficulté principale était la sortie des classes, 26 classes,600 élèves, l’étroitesse de la rue Charles Quint et son flot de véhicules garés au plus près pour partir au plus vite !

 

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’évolution de l’école et des enfants depuis votre départ de la direction en 1997 ? Qu’est-ce qui a le plus changé selon vous ?

Ce qui a le plus changé est qu’à mon époque, les parents éduquaient, les enseignants enseignaient et ensemble nous réalisions des impossibles.

 

À votre avis, qu’est-ce qui faisait — ou fait encore — la particularité de l’enseignement « maxien » ?

La particularité était la rigueur, le travail bien fait, la perfectibilité et surtout bien remplir sa boîte à outils et se donner toutes les chances de réussite à l’Athénée.

 

Après douze années à la tête de la section primaire, qu’espériez-vous avoir transmis aux enseignants et aux enfants ? Et avec le recul, pensez-vous avoir laissé une école différente de celle que vous aviez trouvée en arrivant ?

J’espère que chaque enseignant a pu trouver le bonheur dans son travail et surtout d’avoir pu comprendre la chance qu’ils avaient d’être à la section préparatoire Adolphe Max ; pour tous les enfants, un chemin de vie scolaire qui vous est propre mais qui, je l’espère, a façonné quelque peu l’adulte d’aujourd’hui.


Et pour terminer sur une question que beaucoup d’anciens Maxiens pourraient se poser : si vous pouviez revenir une seule journée à Adolphe Max, à l’époque où vous étiez directeur, quelle journée choisiriez-vous et pourquoi ?

Une rentrée scolaire, les petits de première découvrant leur institutrice, les rires et les regards émerveillés des retrouvailles pour les plus grands ; une joie du vivre ensemble,  le bonheur de se retrouver, de tourner la page des vacances et de s’élancer ensemble vers de nouveaux défis.


 
 
 

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